Allez c’est parti pour la présentation du lundi. Je commence cette semaine plutôt tranquillement avec un petit one shot qui a de la gueule. Après Au fond du rêve, L’envol et Sombre futur, voici qu’arrive en France un nouveau manhua du talentueux Zhang Xiao Yu: Le clown. Mais cette fois-ci, c’est chez Casterman que l’on retrouve l’auteur chinois (ses trois autres oeuvres sont parues chez Xiao Pan). Et tout comme L’envol, on constate facilement que l’auteur nous sert une nouvelle fois une oeuvre de qualité.



Synopsis
Début du XXe siècle, dans une grande ville anonyme d’Europe. Beiluo, acrobate manchot, se donne en spectacle sur les places et les marchés avec son chien Apollon, pour gagner de quoi vivre jusqu’au lendemain. Mais les rues ne sont guère accueillantes et son bras lui manque cruellement lorsqu’il s’agit de se défendre contre des forces de l’ordre, impitoyables avec les saltimbanques. Lorsqu’il rencontre Danbio, un clochard qui vole pour nourrir tout un groupe de vieillards démunis, Beiluo se retrouve confronté aux fantômes de son enfance tragique…

Ce qui frappe en premier quand on ouvre ce manhua, ce sont les dessins, qui ont quelque chose d’assez fascinant. Très détaillés et se voulant réalistes, il en ressort une certaine brutalité, une violence qui contraste avec la douceur et la mélancolie visibles chez Beiluo, le personnage principal. Même si, dans cette ambiance européenne, le dessinateur abuse un peu des héros à la mâchoire carrée un brin caricaturale, son trait garde cette fluidité, ce dynamisme et cette vie que l’on avait déjà pu admirer dans ‘Sombre Futur’.
Les dessins servent donc parfaitement le drame social qui sert de scénario, un scénario qui peut être résumé par la phrase inscrite en couverture: “Je me noie dans ce monde d’ordures… Etais-je condamné dès ma naissance à y vivre ?”.
Beiluo est perdu, tout comme d’autres personnages secondaires, dans une société qui ne lui correspond pas. Ce personnage est touchant, et il l’est encore plus quand, au fil des pages, on en apprend plus sur son passé douloureux.
Mais Le clown n’est pas exempt de défauts. L’histoire de ce gamin des bas-fonds devenu clown, qui vit dans la misère, survit avec les clochards et rêve de l’inaccessible monde d’en haut, rappelle un peu trop Dickens pour surprendre, on craint un virage à la Oliver twist mais il n’en est rien. De plus l’intrigue peut paraître par moments confuse, à cause d’une narration pas toujours subtile. Sans être palpitant, le clown est un drame social touchant et visuellement superbe. Un one-shot très intéressant.
P.s. pendant que je suis sur les manga, autant faire passé une petite actu. Xiao pan a confirmé un nouveau manhua de benjamin pour mars. Voici le projet de couverture de l’art book de Benjamin, “Flash by Benjamin” (titre définitif), 160 pages grand format, prévu en mars (il parait même qu’il viendra en France et en Angleterre à ce moment-là…). Parution en même temps en Italie, Allemagne et Angleterre.
Illustrations inédites, photos, croquis… : un régal pour les yeux.


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